2CCD - VÊTEMENT FÉTICHE
1ère phase : La découverte de la compagnie
2ème étape : Le vêtement fétiche
◘ Parler de son vêtement
3ème étape : Le vêtement fétiche illustré





4ème étape : Rencontre avec la compagnie "Les maladroits"
Mercredi 11/02/2026, nous sommes invités par la compagnie "Les maladroits" à venir les retrouver sur leur lieu de résidence, au Mixt, là où ils sont en train de créer leur futur spectacle.
Nous avons retrouvé Hugo Vercelletto et Valentin Pasgrimaud, comédiens-metteurs en scène de la compagnie, dans l'annexe du Mixt. Le temps est pluvieux, nous arrivons très en avance, avec sous le bras, les cahiers cultures et les vêtements fétiches.
Pour laisser le temps à nos hôtes de finir de préparer notre accueil, nous profitons de ce quart d'heure d'avance pour découvrir le parc du Mixt, fraîchement rénové. Nous sommes ensuite invités à nous asseoir dans les gradins du studio de danse, la salle dans laquelle Hugo et Valentin ont installé leur matériel pour leur semaine de résidence.
L'espace de travail
Sol noir, grande baie vitrée au fond. L'espace est très grand. Celui-ci semble organisé en zones d'activités, avec au centre, un espace vide, comme un espace scénique.
À gauche, une table avec les objets récurrents de la compagnie, certainement présélectionnés : véhicules (bus, chariot élévateur...), blocs de bois, ... ; un stock de bobines de caisse ; ...
Plus loin, une grande table, avec des documents. Une zone qui semble plutôt être dédiée à l'écriture et l'archivage compilé des documents produits au fur et à mesure de la création du spectacle.
En fond de scène, 3 propositions de "mise en scène" de l'objet bobine de caisse :
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un amas de bobines déroulées (plus tard, nous sera présenté comme "Mon bilan carbone...")
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une bande de la bobine insérée comme un tissu dans une machine à coudre (peut-être une évocation de l'atelier de confection et plus simplement d'une bande de tissu)
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un amas de bobines de caisse déroulées, mais cette fois noircie par la chaleur (métaphore de la pollution liée au transport des marchandises ?).
À droite du fond de scène, un mur de caisses empilées (potentiellement un "écran de projection d'ombres portées").
Devant le mur, une autre configuration d'un ensemble de caisses, cette fois-ci empilées "à plat", soutenant un grand panneau de bois. Une installation qui rappellent les grandes tables de découpes dans les ateliers de confection.
Puis, 2 caisses empilées (une assise)
Sur le bord droit de la pièce, un ensemble de statuettes, un globe.
Beaucoup d'autres éléments que j'ai oubliés... En tout cas un espace qui m'a paru très organisé :
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une sorte de matériauthèque : la collection d'objets, classée selon des catégories préétablies par les comédiens, elle est visible et accessible.
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un espace d'expérimentation : permettre les manipulations et jeux. Une zone vide, et une zone avec les dispositifs déjà imaginés.
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un espace d'archive et de transcription écrite
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un espace de "validation" : pour disposer les idées d'assemblages et de mise en forme des objets.
Retour sur "Subjectif Lune"
Pour commencer les échanges, Hugo et Valentin nous proposent de revenir sur leur spectacle "Subjectif Lune". Ils répondent aux diverses questions posées par les élèves.
Comment ils ont eu l'idée du thème du spectacle ? Les références à la pop culture présentes dans le spectacle ? Le sens du début du spectacle ? La part d'authenticité dans les croyances et doutes cités dans le spectacle ? Les références cinématographiques ?
Nous apprenons par exemple que la plupart des théories complotistes citées dans le spectacle ne proviennent pas de leur imagination (à part celle sur la stérilité causée par la pratique du badminton). Que la dimension "cinématographique" de leur spectacle était importante, et qu'ils se sont inspirés de beaucoup de films (dont Full Metal Jacket, film de Stanley Kubrick, sorti en 1987. En cherchant sur internet la date de sortie de ce film pour rédiger mon article, je me rends compte que Stanley Kubrick avait vraiment le collier de barbe, même collier porté par le comédien qui incarne le faux Stanley Kubrick dans le spectacle...). Le sujet les a intéressés car il se prête au théâtre d'objet. Il permet de parler d'un grand évènement qui fait rêver, et de traiter d'un thème actuel, celui du complotisme.
Who pay the deal
Hugo et Valentin nous présentent ensuite le projet sur lequel ils travaillent, et pour lequel ils sollicitent les témoignages des élèves. Ils nous rappellent le contexte du projet. Un spectacle qui parle de mode, de fast-fashion, qui sera joué par 3 comédiens-danseurs, devant un public d'adolescents, en Suède.
Ce spectacle se construit par étapes. Ils ont déjà travaillé sur l'écriture et se sont rendus en Suède pour échanger avec leurs partenaires. La semaine de résidence au Mixt est consacrée au "narratif" et à la scénographie du spectacle. Ils se déplaceront en mai, juin, et août en Suède pour prolonger leur création en collaboration avec l'équipe sur place. (Dans l'équipe sur place, il y a même un répétiteur, dont le rôle est de faire répéter les comédiens-danseurs).
La lecture d'extrait
Pour nous permettre de nous immerger dans leur processus créatif, Hugo et Valentin nous proposent de nous lire un extrait de ce qu'ils ont écrit. Clothilde se joint à eux pour faire "B".
A (Hugo) énumère des vêtements de "son dressing", évoqué par une bobine thermique qu'il déroule au fur et à mesure de son listing. "Un débardeur acheté par temps de pluie... un pantalon en jean... un ensemble de 7 paires de chaussettes avec les jours de la semaine écrits dessus... un tee-shirt de sport pour si un jour elle se met à en faire...". A s'interroge sur la quantité de vêtements qu'elle possède. C (la rassure ?). B l'incite à réagir, par exemple en revendant certains vêtements. C rappelle à B qu'il n'est pas exemplaire, en évoquant ses voyages dans des zones naturelles.
Les élèves sont invités à réagir et dire ce qu'ils ont compris de la scène.
La bobine thermique
- Qu'est-ce que c'est ?
- Un ticket de caisse !
- Avant d'être un ticket de caisse ?
- Un rouleau de papier !
- Ça s'appelle une bobine thermique. À quoi ça sert ?
- À inscrire ce qu'on achète.
- À garder la trace d'un achat.
- Et si maintenant je fais ça...
(Il essaie de dérouler la bobine, celle-ci est collée)(à Hugo)
- Tu peux m'en passer une neuve s'il te plaît, celle-là est trop vieille !
- Avec ou sans polyphénol ?
- Avec, avec polyphénol !
- Et maintenant, à quoi cela vous fait penser ?
- Un parchemin
Hugo et Valentin nous expliquent qu'ils voulaient parler de mode et de vêtements sans utiliser les vêtements. Dans le théâtre d'objet, il faut solliciter le "pouvoir de l'imagination". Ne pas tout dire, c'est inviter le spectateur à croire. Ils parlent du langage des objets, et du potentiel que l'objet peut avoir pour "convoquer des images". La bobine thermique peut être utilisée en tant qu'"objet brut" : la bobine qui sert à fabriquer le ticket de caisse. Elle peut aussi être utilisée comme matière. Hugo nous montre qu'une accumulation de bobines déroulées peut devenir une métaphore du bilan carbone.
La caisse
L'achat dématérialisé est très rapide, un clic et quelques jours après, nous sommes livrés. Dans le spectacle, Hugo et Valentin voulaient montrer ce qu'il y a entre le clic et l'arrivée du colis. La caisse de transport leur permet de mettre en scène le transit des marchandises, en jouant sur les échelles.
Le même bloc de bois peut, selon l'échelle, incarner un conteneur ou une caisse. Selon l'échelle donnée au bloc, la scène peut se passer dans un port, ou à plus petite échelle, dans un entrepôt. Le bloc, remplacé par une caisse, incarne le colis du livreur.
Témoignages
Comme les élèves ont apporté leur vêtement fétiche, Hugo et Valentin leur proposent de présenter devant le groupe leur vêtement, en commençant par le décrire, en expliquant comment ils l'ont obtenu, et en disant pourquoi ils l'aiment. Dans le spectacle, ils veulent aussi parler d'une dimension plus positive, en lien avec le plaisir que l'on peut avoir à choisir et porter ses vêtements.
C'est Charly qui se lance en premier, en présentant son short de sport noir, qu'il utilise pour arbitrer les matchs de hand le week-end. Nina son manteau d'hiver qu'elle ne quitte pas, Constance son petit haut blanc en broderie anglaise offert par sa tante, Fantine son sweat requin, customisé avec sa mère, en utilisant des tissus récupérés, Anatole le tee-shirt jaune autographié par les 19 anciens profs du collège qui ont soutenu son projet d'entrer en STD2A, Aïwenn sa paire de chaussettes aux dessins de cochons volants marquant le début d'un changement de style de chaussettes, de la chaussette de sport à la chaussette fantaisie.
Nous nous sommes quittés sur ces témoignages, en imaginant que tout le monde enregistrerait son témoignage pour le transmettre à Hugo et Valentin.
Un grand merci à eux pour leur accueil et le partage.











